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Quel est lien entre surveillance et inventaires d’espèces exotiques envahissantes ?

Pour commencer, un peu de sémantique :

Qu’entend-on par surveillance des espèces invasives ?

La SURVEILLANCE des espèces invasives est un processus de veille d’espèces introduites dans le milieu naturel. Ces espèces peuvent être seulement introduite, ou naturalisées voire potentiellement invasive ou considérée invasive (degré d’envahissement différent et impact plus ou moins identifié). Cette surveillance se traduit sous trois forme : l’alerte, la détection précoce, le suivi. Ci-dessous, les définitions de ces trois termes.

L’ALERTE est une surveillance de l’arrivée sur un territoire donné de nouvelles espèces potentiellement envahissantes (connues pour être problématiques sur un territoire voisin ou présentant des caractéristiques biogéographiques similaires). A cette alerte est associé une liste d’Alerte qui consiste à lister des espèces exotiques non encore présentes sur un territoire ou présentes seulement dans une zone très limitée par exemple aux points d’entrée et qui présentent des risques d’envahissement (EEA 2010)*.

Dans le cadre des programmes de sciences participatives sur les EEE,  l’alerte concerne des espèces jusqu’alors absentes du territoire national, dans le but de diminuer le temps entre le recueil de la donnée et la mise à disposition cette information à plus grande échelle. Cela implique donc un nombre restreint d’intermédiaires entre l’observateur et le gestionnaire de la donnée (traitement des données directement au niveau national).

La DÉTECTION PRÉCOCE et la réaction rapide (EDRR) est une approche proactive pour la gestion des EEE afin d’empêcher en premier lieu leur établissement. Elles permettent de localiser des espèces émergentes, connues ailleurs pour leurs forts impacts et les coûts importants de gestion, mais encore très peu présentes sur le territoire concerné. (B.C. EDRR 2013)**.

Dans le cadre du règlement UE n°1143/2014, la détection précoce est définit comme suit (art. 3) : « La détection précoce est la confirmation de la présence d’un ou de plusieurs spécimens d’une espèce exotique envahissante dans l’environnement avant que celle-ci ne soit largement répandue. »

Le SUIVI est une surveillance de la progression, la régression ou l’évolution d’une EEE bien connue sur le territoire et sur laquelle des moyens de gestion spécifiques sont déployés. Le suivi est en parti utilisé pour les espèces présentes sur un territoire donné, quelle que soit la surface de distribution de l’espèce.

Que sont les inventaires d’espèces ?

L’INVENTAIRE D’ESPECES est  un processus organisé d’acquisition de données de répartition d’espèces dans le temps et dans l’espace, caractérisé au minimum par les 5 éléments suivants : un ensemble défini d’espèce(s) ou de taxon(s), en général par groupe taxonomique ou fonctionnel ; une couverture géographique : espace défini (métropole, DOM ou COM) ; une période ; un processus de validation des données ; un ou plusieurs niveaux de restitution(s) géographique(s) ou administratif(s). L’inventaire est donc un projet, dont le but est d’établir une information synthétique de référence sur la répartition pour le groupe concerné (glossaire INPN). Pour en savoir plus sur les protocoles, méthodes et techniques d’inventaires, cliquez ici.

Existe-t-il un lien entre la surveillance des espèces introduites ou invasives et les inventaires d’espèces ?

Ces deux concepts sont étroitement liés. En effet, afin de pouvoir prévenir de l’arrivée d’une espèce invasive sur le territoire, il est nécessaire de mettre en place une surveillance sur certaines espèces et d’en suivre le cours si ces dernières sont introduites dans le milieu naturel. Ceci, afin de comprendre non seulement les mécanismes d’introduction des EEE, les voies de propagation, mais également les traits biologiques et écologiques de ces taxons. Les inventaires opportunistes ou ciblés sur des espèces permettent d’obtenir une image de la distribution de celles-ci, dans le temps et dans l’espace dans le but ultime de prévenir les éventuels impacts sur les milieux naturels ou les autres espèces. Pour cela, il est nécessaire que des opérateurs de terrain puissent collecter des données. Des processus de recueil d’observation des espèces existent à différentes échelles dont l’une concerne la biodiversité au niveau national. Il s’agit du SINP, le Système d’information sur la Nature et les Paysages. La plateforme de mise à disposition de l’information au niveau national est l’Inventaire national du Patrimoine Naturel (INPN). Pour information, il existe également des systèmes d’information au niveau international : exemple du système de soutien à l’information au niveau européen dans le cadre du règlement UE sur les EEE : EASIN.

Qu’est-ce qu’un système d’information et à quoi correspond la collecte de donnée dans le cadre du SINP ?

SYSTÈME D’INFORMATIONS*** : c’est un ensemble des moyens (organisation, acteurs, procédures, systèmes informatiques) nécessaires à la collecte, à la bancarisation, au traitement et à l’exploitation et la diffusion d’informations.

La COLLECTE DE DONNEES***  est un processus se rapportant à la transmission des données produites par différents acteurs et moyens vers un dispositif de conservation. Le plus souvent la collecte des données est assurée par l’observateur lui-même, qui effectue la sélection, la mise en forme et la transmission des données. Il peut arriver qu’un intermédiaire assure la collecte d’un ou plusieurs observateurs.

De quelle manière les données sur la faune invasive peuvent circuler ?

  • Par le biais des SCIENCES PARTICIPATIVES**** qui est un outil utilisé pour recueillir rapidement des observations et les mettre à disposition rapidement (après validation des données). Cet outil est principalement utilisé pour l’alerte et la détection précoce d’une espèce. « Les sciences participatives**** sont des programmes de collecte d’informations impliquant une participation du public dans le cadre d’une démarche scientifique. L’application de ces sciences participatives au domaine de la biodiversité se décline en 3 objectifs :
  • avoir des données sur la nature et la biodiversité pour étudier son état de santé [suivi (monitoring) de long terme] ;
  • produire des outils de sensibilisation et d’éducation à la nature et à la biodiversité ;
  • former une communauté et mobiliser autour d’enjeux liés à la nature ».

Exemples de fonctionnement des programmes de sciences participatives sur les EEE au MNHN (Frelon asiatique et vers plats terrestres)

  • Par le circuit SINP souvent utilisé pour les espèces introduites déjà présentes (émergentes ou largement répandues) sur le territoire et pour lesquelles il existe des interventions localisées selon les enjeux rencontrés. Il s’agit d’un suivi dans le temps respectant le protocole standard SINP avec des données interopérables (Données Elémentaires d’Echange = DEE). Ci-dessous est présenté le schéma type de remontées d’observations selon le type de surveillance dans le cadre des inventaires d’espèce de faune introduite ou invasive.

Pour plus d’information sur l’acquisition de connaissance naturalistes, cliquez ici.

Pour les EEE, cliquer ici (page 164).

Existe-t-il d’autres inventaires d’espèces animales introduites ou invasive en France ou à l’international ?

Oui, il existe de nombreux inventaires d’espèces introduites, sous forme d’enquêtes, d’observatoires, etc. Ci dessous quelques exemples pour la faune :
surveillance

France (métropole et outre-mer)

       International


Références citées

*European Environment Agency. 2010. Towards an early warning and information system for invasive alien species (IAS) threatening biodiversity in Europe. EEA Technical report, 5 : 1-52
** B.C. EDRR – Early Detection Rapid Response Program. 2013. What is Early Detection Rapid Response? British Columbia, 1p. https://www.for.gov.bc.ca/hra/plants/publications/What_is_EDRR.pdf
***SANDRE, diffusé sur le glossaire du site Nature France
**** Site de Nature France